La numérisation des bâtiments existants a radicalement changé les techniques de rénovation et de réhabilitation. Parmi ces innovations, on compte le processus Scan-to-BIM, une méthode de balayage en laser 3D permettant de capturer la réalité physique d’un ouvrage pour créer une maquette numérique intelligente. Cette technique visait essentiellement l’étape de conception et la livraison des travaux. Néanmoins, l’information compilée dans ce modèle est considérée en tant qu’une ressource sous-exploitée.

Après l’achèvement des travaux, la maquette numérique as-built dispose d’un gros potentiel pour l’étape d’exploitation. Une fois cette base de données bien utilisée, les propriétaires peuvent ainsi accéder à une nouvelle approche de la maintenance et de la gestion du patrimoine. Le Scan-to-BIM devient un investissement technologique majeur, dont la valeur s’étend à plusieurs décennies d’exploitation. Du Scan-to-BIM à la maintenance, les acteurs de l’immobilier parviennent ainsi à développer la gestion de leur patrimoine et à optimiser la qualité de service globale.

Pourquoi la donnée Scan-to-BIM est-elle cruciale pour l’exploitation des bâtiments ?

La transition entre la fin des travaux et le démarrage de l’exploitation accuse un manque d’information majeure. Il faut dire que les plans traditionnels sont moins précis et détaillés face à la réalité du terrain après certains changements inéluctables des travaux. Le processus Scan to BIM apporte une solution efficace en proposant un jumeau numérique, qui se caractérise par un niveau élevé de précision géométrique et sémantique.

Le modèle BIM a pour rôle clé de centraliser toutes les données techniques. Les responsables en charge peuvent ainsi exploiter une base de données fiable, qui inclut des éléments clés comme l’emplacement des réseaux, les références des équipements ainsi que les notices techniques originales. Cette centralisation est parfaitement bénéfique pour les gestionnaires, qui évitent les recherches longues et inutiles dans des archives papier, très souvent obsolètes. Ces données fiables exploitables permettent de minimiser significativement le temps de préparation des tâches de maintenance.

Comment la maquette numérique améliore-t-elle la maintenance prédictive et curative ?

Une opération de maintenance traditionnelle requiert des visites en amont afin de déterminer la configuration des lieux. Grâce à une visualisation BIM, les techniciens ont la possibilité de scanner l’environnement du chantier à distance. Une maquette BIM permet de mesurer les hauteurs sous plafond, d’identifier les passages de gaines, d’évaluer la présence d’amiante dans certaines cloisons. Et ce n’est pas tout. Une maquette BIM actualisée est conçue également pour prévoir les contraintes d’accès avant d’atteindre le site.

En associant la maquette à des systèmes de Gestion de Maintenance Assistée par Ordinateur (GMAO), le travail devient encore plus simplifié, en passant d’une méthode réactive à une approche proactive. La maquette numérique peut également inclure les données d’usure en temps réel via les capteurs connectés (IoT). Afin d’empêcher tout risque de dysfonctionnement ou d’arrêt de service onéreux, les techniciens peuvent planifier le changement des équipements avant même que la panne ne survienne.

Comment pérenniser l’usage du BIM après la livraison ?

Vers la fin des travaux, la livraison d’un modèle numérique fonctionnel et fiable est insuffisant pour assurer sa pérennité. Pour garantir un modèle utile et fonctionnel très longtemps, durant la phase de maintenance, les organisations sont obligées d’établir un processus de mise à jour permanente. Le processus BIM doit rester actualisé, et maintenir une approche évolutive pour suivre le rythme des interventions techniques et des réaménagements de l’espace.

Il faudra penser à une convention BIM d’exploitation dès l’émergence de la première idée. Les équipes techniques peuvent ainsi obtenir un document détaillé qui inclut des points majeurs fixant les règles de mise à jour ainsi que le niveau de détail géométrique (LOG) et le niveau d’information (LOI). C’est pourquoi il est important d’accorder une attention particulière à la formation BIM des équipes sur le terrain. Celle-ci concerne, entre autres, l’alimentation en données et la consultation de la maquette numérique. Cela assure que le jumeau numérique.

Une synergie nécessaire sur le terrain

Le déploiement du Lean Construction dans les chantiers garantit une meilleure efficacité opérationnelle, tout en prévenant considérablement les risques professionnels des chantiers. Fini l’attente interminable, les superproductions et les déplacements inutiles, place à une vraie valeur ajoutée et à des processus plus fluides. L’ingénieur d’exécution prend part à cette fluidité, en observant, analysant et modifiant l’organisation du chantier pour optimiser toutes les ressources mises en place. 

Concrètement, la démarche Lean utilise une planification collaborative, où l’ingénieur recourt au Last Planner System. Cet outil de gestion collaborative permet d’intégrer les chefs de chantier et les sous-traitants dans la réalisation du planning. Cette technique participative favorise un engagement fort de toutes les parties prenantes. De même, ça crée un climat de transparence et de confiance au sein même du chantier. Chaque problème est rapidement signalé et résolu. Cette approche permet à l’ingénieur d’exécution de lever les blocages techniques et logistiques en amont.

Un mode d’emploi rigoureux pour minimiser les gaspillages

L’application du Lean Construction requiert beaucoup de rigueur, et ce durant toutes les phases du chantier. Le rôle de l’ingénieur d’exécution est réparti autour de plusieurs axes stratégiques permettant de traquer les inefficacités. En premier lieu, l’ingénieur améliore la chaîne d’approvisionnement, en commençant par réceptionner les matériaux au moment exact où ils sont nécessaires. Il s’assure également que toutes les livraisons soient établies dans les meilleures conditions, évitant ainsi l’encombrement et le risque de détérioration.

En second lieu, il évalue les pratiques les plus performantes pour les équipes de construction, afin de réduire les tâches redondantes et booster les cadences de production.. Il participe notamment à l’édition de mods opératoires clairs. En dernier lieu, il organise des réunions quotidiennes, de courte durée. Cela sert à dresser un bilan de la veille, d’identifier les objectifs du jour et de prévoir les co-activités dangereuses ou problématiques. L’ingénieur d’exécution doit aussi vérifier que l’information atteigne tous les corps d’État.

L'impact sur la rentabilité et les délais

Dans une optique de Lean Construction, l’impact de l’ingénieur exécution est indéniable. L’entreprise devient plus performante, avec des processus fluides, et moins de temps morts. La durée globale des travaux de construction est significativement réduite. Cette maîtrise des délais est associée à une rentabilité optimale. Les pénalités de retard sont évitées, les coûts de location de matériel sont optimisés, et les heures supplémentaires sont considérablement minimisées. Le client final profite ainsi de cette efficacité opérationnelle, en obtenant un ouvrage soigné et durable, sans défauts, à la hauteur de ses exigences les plus élevées.

De même, le Lean Construction contribue fortement à l’optimisation des conditions de travail des équipes sur le terrain. L’ingénieur d’exécution joue un rôle clé dans ce système, en parvenant à mieux gérer les situations d’urgence de dernière minute et en organisant  rationnellement les espaces de travail. L’ingénieur d’exécution est le partisan de la réussite de tout projet de construction. Grâce à lui, le chantier Lean est parfaitement propre, organisé et sécurisé.