Avant d’aborder le cœur du sujet, il est important de définir certains termes techniques. Pour commencer, la phase PRO réfère à la phase du projet qui présente les principes architecturaux et techniques d’un ouvrage. La phase EXE, de son côté, est synonyme d’exécution qui précise chaque élément pour sa construction réelle. Une étude d’exécution détaillée et précise vous procure une assurance risque, en vous permettant de prévoir les erreurs matérielles, d’anticiper les surcoûts, tout en vous assurant une conformité absolue aux délais impartis.
Tout projet de construction requiert la collaboration et l’implication de tous les corps du métier. Chaque détail est précieux. Chaque étape est cruciale. Les maîtres d’ouvrage et les architectes sont bien conscients de la réalité du terrain. La transition entre la phase de la conception et la phase de l’exécution est délicate. C’est précisément à ce moment-là que les délais s’allongent et les budgets dérapent.
Afin de garantir la sécurité et le déploiement d’un projet de construction, il est nécessaire de comprendre les étapes de la maîtrise d’œuvre. Beaucoup de professionnels arrivent encore à confondre les livrables de la phase PRO et ceux de la phase EXE. Cette confusion pose bien souvent des litiges dans le secteur du BTP.
Phase PRO VS phase EXE : quelles différences ?
Le but de la phase PRO est de déterminer les choix techniques, architecturaux et financiers de l’ouvrage. Accompagné d’un bureau d’études, l’architecte procède à l’édition de documents mentionnant les spécificités générales des matériaux, le tracé des réseaux ainsi qu’une évaluation du coût des travaux. Il faut aussi préciser que les plans en question du projet sont élaborés à une échelle globale, soit au 1/50ème. À travers ces plans, on peut ainsi explorer la faisabilité du projet, sans pour autant nous fournir les dimensions précises pour permettre aux ouvriers d’assembler les éléments architecturaux sur le chantier.
Contrairement à la phase PRO, la phase EXE, en référence à l’exécution des ouvrages, fournit des documents détaillés de fabrication et d’installation. Les ingénieurs d’exécution produisent des plans très précis et minutieux, avec une échelle au 1/20ème, voire au 1/2ème. Ils sont également chargés de réaliser des notes de calcul détaillées, en complément des nomenclatures de matériaux, toujours avec autant de précision. Prenons l’exemple d’une gaine de ventilation. Si le document PRO marque son emplacement approximatif, le plan EXE met en avant ses dimensions précises, son système de fixation et son altimétrie exacte afin d’éviter tout conflit avec les autres réseaux.
Une étude d’exécution permet-elle de réduire les risques sur un chantier ?
Dans le domaine de la construction, tout risque potentiel doit être bien étudié et évalué. Pour ce faire, il est fondamental d’adopter une approche anticipative. Une étude exécution est parfaitement conçue pour ça. Elle fournit une synthèse technique approfondie avant même le premier coup de pioche. Les projeteurs réalisent une superposition des plans de tous les corps d’État afin de déterminer les “clashs” ou conflits spatiaux. Trouver une solution pour un souci de tuyauterie sur un écran d’ordinateur revient beaucoup moins cher que de devoir démolir et rebâtir un mur en béton sur le chantier.
De même, la phase EXE, menée par un bureau d’études techniques, est capable d’assurer des approvisionnement plus fiables et mieux maîtrisés. Une estimation minutieuse permet à l’entreprise de bâtiment de commander le volume exact de matériaux. Cela est très bénéfique pour la bonne exécution des travaux, en réduisant le gaspillage, en optimisant les coûts de stockage, tout en anticipant les ruptures de stock. Les notes de calcul d’exécution, de leurs côtés, offrent une assurance pour le maître d’ouvrage, de réceptionner un ouvrage résistant, pérenne, et conforme aux normes environnementales et de sécurité.
Pourquoi opter pour des plans d’exécution précis ?
Investir dans des plans d’exécution précis se présente comme un levier de rentabilité directe, malgré la fausse perception des maîtres d’ouvrage comme dépense coûteuse. La phase EXE permet de faire avancer les travaux de manière plus fluide, plus rapide et plus dynamique. Il n’est plus question de perdre un temps précieux à trouver des solutions techniques. Il suffit, tout simplement, d’exécuter les plans confirmés mis en place préalablement. Ce processus optimisé permet, entre autres, de réduire considérablement les heures travaillées improductives, de mieux se conformer au planning initial, tout en évitant les pénalités de retard.
Une synergie nécessaire sur le terrain
Le déploiement du Lean Construction dans les chantiers garantit une meilleure efficacité opérationnelle, tout en prévenant considérablement les risques professionnels des chantiers. Fini l’attente interminable, les superproductions et les déplacements inutiles, place à une vraie valeur ajoutée et à des processus plus fluides. L’ingénieur d’exécution prend part à cette fluidité, en observant, analysant et modifiant l’organisation du chantier pour optimiser toutes les ressources mises en place.
Concrètement, la démarche Lean utilise une planification collaborative, où l’ingénieur recourt au Last Planner System. Cet outil de gestion collaborative permet d’intégrer les chefs de chantier et les sous-traitants dans la réalisation du planning. Cette technique participative favorise un engagement fort de toutes les parties prenantes. De même, ça crée un climat de transparence et de confiance au sein même du chantier. Chaque problème est rapidement signalé et résolu. Cette approche permet à l’ingénieur d’exécution de lever les blocages techniques et logistiques en amont.
Un mode d’emploi rigoureux pour minimiser les gaspillages
L’application du Lean Construction requiert beaucoup de rigueur, et ce durant toutes les phases du chantier. Le rôle de l’ingénieur d’exécution est réparti autour de plusieurs axes stratégiques permettant de traquer les inefficacités. En premier lieu, l’ingénieur améliore la chaîne d’approvisionnement, en commençant par réceptionner les matériaux au moment exact où ils sont nécessaires. Il s’assure également que toutes les livraisons soient établies dans les meilleures conditions, évitant ainsi l’encombrement et le risque de détérioration.
En second lieu, il évalue les pratiques les plus performantes pour les équipes de construction, afin de réduire les tâches redondantes et booster les cadences de production.. Il participe notamment à l’édition de mods opératoires clairs. En dernier lieu, il organise des réunions quotidiennes, de courte durée. Cela sert à dresser un bilan de la veille, d’identifier les objectifs du jour et de prévoir les co-activités dangereuses ou problématiques. L’ingénieur d’exécution doit aussi vérifier que l’information atteigne tous les corps d’État.
L'impact sur la rentabilité et les délais
Dans une optique de Lean Construction, l’impact de l’ingénieur exécution est indéniable. L’entreprise devient plus performante, avec des processus fluides, et moins de temps morts. La durée globale des travaux de construction est significativement réduite. Cette maîtrise des délais est associée à une rentabilité optimale. Les pénalités de retard sont évitées, les coûts de location de matériel sont optimisés, et les heures supplémentaires sont considérablement minimisées. Le client final profite ainsi de cette efficacité opérationnelle, en obtenant un ouvrage soigné et durable, sans défauts, à la hauteur de ses exigences les plus élevées.
De même, le Lean Construction contribue fortement à l’optimisation des conditions de travail des équipes sur le terrain. L’ingénieur d’exécution joue un rôle clé dans ce système, en parvenant à mieux gérer les situations d’urgence de dernière minute et en organisant rationnellement les espaces de travail. L’ingénieur d’exécution est le partisan de la réussite de tout projet de construction. Grâce à lui, le chantier Lean est parfaitement propre, organisé et sécurisé.